Rencontre avec Audrey Lauret

Comment décrire le terroir du Château Pindefleurs ?

Le vignoble de 18 hectares s’épanouit sur le terroir de Saint-Émilion dont on connaît la richesse et qui mêle aux graves le sable et l’argile. Un complexe géologique particulièrement intéressant dont notre plan parcellaire tâche de tirer profit. Chaque cépage trouve ainsi les ressources à son meilleur développement. Le merlot, qui représente 90% du domaine, est un plant à la précocité bien connue : il peut trouver ici un bel ancrage qui favorisera sa maturation. Le cabernet franc, qui complète notre vignoble, apprécie quant à lui les couches argileuses où il s’enracine.

Dans quel esprit la vigne est-elle cultivée ?

Je reste convaincue que la création d’un vin ne se fait pas seulement au chai mais débute véritablement à la vigne. À ce titre, toute notre attention commence, littéralement, aux racines de notre métier, entre les rangs de la propriété. Il s’agit pour nous de soutenir la nature dans ce qu’elle a de meilleur à offrir, de la révéler sans l’altérer, au bénéfice de sa biodiversité. Nos pratiques raisonnées vont en ce sens : arrêt total des herbicides, réduction des phytosanitaires, recours aux traitements naturels, etc. Puis, de l’échardage à l’éclaircissage, notre intervention ne vise qu’un seul objectif : la qualité des baies.

Alors vient le temps du chai…

Oui, après nos vendanges manuelles, les vinifications sont menées dans le respect des parcelles et dans la précision que nous permettent nos outils de travail. Une première macération à froid, en cuves inox thermo-régulées, amorce en douceur la fermentation et favorise ainsi, au gré des remontages, l’extraction du fruit. Une fois le pressage vertical effectué, les vins entament leur élevage en barriques de chêne français. À côté des formats classiques, nous utilisons aussi des fûts plus importants pour limiter l’apport en bois au profit, toujours, du fruit. Après douze mois de patience, l’assemblage, qui se fait en famille, nous donne enfin la mesure de nos efforts !